Mercredi 26 novembre 2008
En déplacement professionnel à Ljubljana, ce n’est pas pour autant que je renonce à suivre quotidiennement l’actualité,
et surtout ce qui nous est vendu par les médias comme le feuilleton le plus haletant de l’automne, la meilleure série à suspense depuis « 24 », le merveilleux spectacle d’une
démocratie « totale » : l’élection du premier secrétaire du parti socialiste (je sais, dit comme ça, c’est moins glamour, mais bon).
En me réveillant ce matin à l’hôtel, curieux des nouvelles de la nuit, mais trop pressé pour prendre le temps de
parcourir les sites internet des différents journaux français, je lançais le direct d’itele.fr avant de me rendre sous la douche. Quelle erreur ! J’en fus quitte pour une glissade maîtrisée
en bondissant hors de la salle de bain comme si une alarme incendie stridente avait retenti, mais cela aurait tout aussi bien pu être une syncope…
« Revenue de l’enfer! après avoir traversé le désert! Martine Aubry est de retour! blindée par les épreuves!!! prête
à porter haut les couleurs de la gauche en France ! » Et le journaliste d’enchaîner sur le « destin national » de la Dame des 35h et sur son « incroyable » parcours
politique…
Quoi !? Parle-t-on bien de la même Martine Aubry ? Un cocker, à l’air un peu triste certes, mais avec
du sang de pitbull qui coule dans les veines ? L’ex ministre de l’Emploi de Lionel Jospin qui a réussi en quelques mois à plomber la compétitivité de la France et le pouvoir d’achat des
Français pour des décennies, sans faire reculer le chômage ? Oui, oui, de celle-là même…
Mais pourquoi un tel éloge ? Combien d’épisodes ai-je loupé ? 3 ou 4 saisons complètes? Mon horloge
biologique s’est-elle déréglée, faisant que je ne me suis pas endormi pour 7 heures de sommeil, mais pour 7 mois ? Peut-être suis-je encore en train de rêver avant que mon réveil ne
sonne ?
Mais non, point d’hallucination due à la cuisine slovène ou au programme de travail chargé des derniers jours, seulement
un journaliste dont la malhonnêteté intellectuelle ne doit pas avoir de borne et qui rêve d’une nouvelle superproduction socialo-française qui s’intitulerait « Retour vers le passé » ou
bien « c’est dans les vieux pots… ».
Quoi qu’il en soit, les socialistes, qui ont juré que l’échec de 2007 et la campagne américaine de 2008 leur
avaient servi de leçon, semblent donc avoir trouvé leur Barack Obama pour 2012 : Martine Aubry…
Un doute seulement sur ce scénario : il me paraît difficilement concevable que Ségolène Royal, qui évoque déjà
publiquement et explicitement sa candidature pour les présidentielles de 2012, accepte de tenir le rôle de faire-valoir d’Hillary Clinton…
FDF